révoltes

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revue de presse
fiche technique



création au centre chorégraphique national de montpellier

décembre 2000

présentée à Pôle Sud, Strasbourg, au Festival Plurielles 2001 à Pau, en “Lecture démonstration” au C.N.D. à Paris et présentée à la Biennale des Jeunes créateurs d’Europe à Sarajevo en juillet 2001.

conception
anne lopez
françois lopez
céline mélissent

interprétation
ghyslaine gau
samuel letellier
anne lopez
karine trélon
til mahou

mise en scène et décor
françois lopez
céline mélissent

costumes
stéphanie boué

musique
françois lopez

lumières
alain paradis

régie plateau
franck bataillé

durée
60 minutes

coproduction
CCN Montpellier L-R
Théatre Saragosse, Pau

  Révoltes propose aux spectateurs d’investir la scène au même titre que les danseurs et les techniciens à l’œuvre. Plongé dans un univers minimal, chacun peut se déplacer, suivre le mouvement ou errer dans l’espace, se rapprocher ou s’éloigner des corps dansants.
Au centre du plateau, loges, régie de contrôle et régie technique structurent le lieu tout en perturbant le commun, les spectateurs étant tantôt observateurs, tantôt observés.
L’environnement urbain et la physicalité de la danse médiatisent une certaine violence, canalisée mais dérangeante. Immergés dans une fiction aux allures de réalité, celle de la société actuelle et l’industrie du spectacle, les spectateurs sont renvoyés à eux-mêmes et en viennent à se poser la question de leur place. En un peu plus d’une heure, ils peuvent traverser des sentiments aussi divers que la fascination, la frustration, la joie, la peur, le malaise, le rire.




   Révoltes pose un terrain de jeu potentiellement radical permettant la propagation de subjectivités multiples. Il s’agit d’un laboratoire qui inclue méthode de travail, modes d’être et prend en compte dans son processus, la microcommunauté qui va le recevoir. Sa singularité réside dans le fait de n’être pas achevé sans les spectateurs. “La règle” adoptée réside en des anomalies sorties du système même, en vue de réduire le malentendu de la danse uniquement perçue comme spectacle pour la ramener à son ambiguïté, à son amour du présent à la fois lisible et obscur. De la révolte dépend la possibilité même d’une culture qui ne soit pas uniquement participatrice du grand jeu commercial du divertissement et dépend également, l’existence d’un sujet qui ne soit pas totalement programmé par l’ordre social. Les stratégies de résistance et de proximité de cette pièce découlent d’un besoin critique, et du désir de restaurer une puissance de vie à l’encontre du nihilisme accompli actuel. Cette construction provisoire modélise des situations perturbantes, des irruptions sans mobile apparent qui reflètent une offensivité libérée de toute motivation extérieure.
Le public est placé dans la situation inconfortable d’être observé et d’appartenir à un groupe arbitrairement constitué. Le choix d’exposer le backstage du système, de mettre en direct le public et de mimer l’économie globale par la répétition de gestes, coïncide avec une volonté de réactivation et d’inscription de l’imaginaire au coeur du réel. Les éléments de disjonction vitale dans le système de communication visent une déposition en bloc des conditionnements pour retrouver des fonctions, des points d’ancrage et élargir le champ visuel et mental. La prise de risque est l’épreuve du réel. L’expérience physique, l’expérience du monde, une obscure clarté, plutôt que rien, plutôt qu’une soumission désabusée, une protestation passionnée plutôt qu’une dévotion aliénée au système. L’énergie alternative va au delà de la rationalité, sort du récit linéaire et du montage formaliste complaisant pour bousculer les habitudes et renvoyer à la fois au malaise assumé et à la fragile certitude de notre liberté. Suspendue entre réalité et fiction, la danse se mesure aux engagements dont elle est capable.

 

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