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La danse noue des relations littéraires, les gens du quai crée Litanies inspiré de Philippe Cazal


Les propositions chorégraphiques, où se tissent des liens d’un autres type entre danse et textes constituent la matière première de la manifestation corps et graphie au Chai du terral à Saint Jean de Védas. De tels croisements s’inscrivent ouvertement dans l’histoire de la danse moderne, héritage américain, il ne sauraient oublier totalement la tradition.

Le problème essentiel réside dans le choix des textes et de leur raison d’être associés à des spectacles qui fasse état du monde contemporain. On notera par ailleurs qu’après une bonne décennie consacrée à des recherches souvent abstraites sur la forme, la danse, comme d’autres arts, se pose des questions sur le contenu de ce qu’elle a à dire.

Parmi ces nouvelles propositions, celle de la compagnie montpelliéraine les gens du quai, fondée en 1998, mérite qu’on s’y attache en raison notamment de la particularité de ses membres. D’Anne Lopez, sa chorégraphe, à François Lopez, musicien scénographe et Céline Mélissent, coordinatrice artistique et critique d’art.

Pour Litanies, la compagnie est revenue à un mode de spectacle plus traditionnel qu’auparavant. La pièce s’inspire d’une oeuvre de Philippe Cazal, auquel une exposition monographique avait été consacrée en mars 2001 à la galerie du Fonds régional d’art contemporain. Fondé sur le principe du cut up (cher à la Beat generation des écrivains américains Gysin et Burroughs), Litanies est un texte poétique construit à partir de titres que Cazal a trouvés dans des quotidiens.

Récités en voix off, de manière discontinue, tout comme les plages musicales qui l’accompagnent, le texte constitue, pour les Gens du quai, une façon concrète de manifester l’ancrage des évolutions dansées dans le contexte politique, culturel et économique de notre époque. La danse met en scène par ailleurs des états d’émotion, tels que les ressentent les cinq interprètes de cette création, couplés à une recherche gestuelle qui fait la part belle au conscient et à l’inconscient.

Le spectacle s’oppose ainsi aux formes les plus stéréotypées du divertissement contemporain. Il demande aux spectateurs de se risquer à sortir des sentiers battus, mais l’ouverture au renouvellement est à ce prix.

Lise Ott , Midi Libre 10 mai 2002




Montpellier Danse Off

Anne Lopez dé(sin)forme les corps

Une déconstruction de la danse se nourrit de la litanie entrechoquée des titres de journaux

Une cambrure accentuée ; une ouverture insolite ; une segmentation un peu forcée ; un appui marqué ; un pas amplifié. Si les cinq interprètes sur le plateau de Litanies ont travaillé un autoportrait qu’ils viennent exposer, alors une logique plus souterraine que cette première intention les a conduits à forcer légèrement le trait, souligner l’attitude, tendre le corps.
Leur présence a toujours quelque chose de décalé, de glissant et d’instable, comme à l’orée d’un tendance trouble à la monstruosité légère. Vides de psychologie, ils sont des figures flottant au bord de l’absence, et pourtant purement ramenées à leur être là, entre rajout d’une part, et omission d’une autre. Seul garçon parmi les filles, Samuel Letellier compose dans l’hébétude.
Patiemment investis tour à tour, aléatoirement croisés, ces brefs destins scéniques se posent, se coupent, se collent.
Il est, en plus d’eux, un sixième interprète, présent par sa seule voix : le plasticien-poète Philippe Cazal disant ses Litanies, qu’il a établies à partir de titres et sous-titres du Monde et de Libération, découpés, choisis, puis ordonnés sous forme de listes.
S’y entend une combinatoire des inquiétudes du monde et de l’époque – un certain mode d’occupation de l’espace-temps – qui fait sens au-delà de la précision des faits, des drames, des dossiers. Incessamment les ministres y croisent les explosions, les grèves les adoptions, la bourse les révolutions, dans une houle d’actualités en proie à l’ivresse.
Informés, surinformés, désinformés, les corps du plateau se montrent déformés, tiraillés hors d’eux-mêmes, jamais vraiment trouvés.
Aux marges de Montpellier Danse 02, Anne Lopez et les Gens du quai – soit la plus percutante des équipes chorégraphiques montpelliéraines – n’ont pu présenter ce nouveau projet que sous la forme de filages réservés aux professionnels (la dimension plastique, toujours considérable avec la participation de Céline Melissent au cœur des processus, s’en est trouvée occultée).
Et la curiosité demeure. Restons donc… informés.


Gérard MAYEN
Montpellier danse off juillet 2002

 






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