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LES GENS DU QUAI CONVIE LE PUBLIC AU COEUR DE LEURS "RÉVOLTES"
La nouvelle chorégraphie de la danseuse montpelliéraine expose une violence vécue par le corps et sa résistance.

Le nouveau projet de la compagnie Les gens du quai et de la chorégraphe montpelliéraine Anne Lopez est présenté cette semaine au centre chorégraphique. Il sera définitivement abouti lors de sa présentation, puisque le spectateur joue un rôle essentiel dans la scénographie. Placé au coeur du dispositif, le public est connecté en direct avec les danseurs. L'idée est de mettre le spectateur en "danger", de le faire réagir dans sa perception des mouvements, dans cette situation nouvelle pour lui qui rompt avec la représentation classique scène / salle.

Dans "révoltes", les danseurs, eux, jouent un rôle de passeur, de médiateur. Ils expriment certaines formes de violence. Une violence discrète, perceptible dans les regards et ses multiples degrés : indifférence, jugement, dénigrement, complicité, etc.

Les corps des danseurs sont électrisés par cette violence. Et résistent. Anne Lopez perçoit ces révoltes des corps comme l'engagement au service d'une culture, la danse, et formule explicitement son propos : si le corps réagit, c'est qu'il existe.

Cette protestation passionnée des danseurs s'oppose à une soumission désabusée ou à une dévotion aliénée au système. Leur énergie alternative doit faire exploser les limites de leur champ d'expression. Et le spectateur, en première ligne, reçoit directement les éclats de ces débordements salvateurs. Par solidarité, il est amené aussi à définir sa propre révolte, à jouer son rôle critique dans la société.

Pour Anne Lopez, les réactions et interactions entre danseurs et spectateurs ont pour enjeu de "réduire le malentendu de la danse, uniquement perçue comme spectacle, pour la ramener à son ambigüité, à son amour du présent, à la fois lisible et obscur".

Olivier Pernaud, Midi Spectacles
29 novembre 2000

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