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DUEL



Le touché-coulé d’Anne Lopez

Ce qu’il y a d’intéressant lorsque l’on suit le travail d’un chorégraphe, c’est de voir l’évolution de son écriture chorégraphique. Anne Lopez signe avec « Duel » une œuvre qui marque un virage, un tournant dans son parcours de chorégraphe pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il y a le corps. Délaissant les objets et autres artifices scéniques, le corps est plus que jamais présent sur le plateau. Utilisant uniquement le langage corporel, elle met en scène ses cinq interprètes dans diverses formes de duels. Elle brosse la large palette existante de combat dualistique : celui du western (premier tableau qui colle à la peau comme le soleil dans les plaines d’Arizona), de la bagarre de rue (style West Side Story) ou bien le combat chevaleresque (digne d’un Monthy Python, ce tableau mêle fantaisie et ironie). La force mystique a même sa place, mais ici, point de duel, juste l’honneur de défier l’être suprême. Le corps comme moyen de communication n’est pas écrasé par les images de ciels orageux en arrière fond, autre vecteur communiquant invitant l’imaginaire à se dresser son cadre de représentativité.

Ensuite, le message d’Anne Lopez se distille par parcimonie dans la pièce et nous montons crescendo dans la lecture de sa pièce. Mettant la question de l’honneur au centre de sa réflexion, Elle convoque toutes formes de combats qui reflètent la quête honorable des hommes d’un temps révolu : celle de l’honneur. Mais aujourd’hui, le pouvoir a pris le pas sur l’honneur et si, avant les duels se voulaient propres, aujourd’hui l’escalade de l’horreur dans tous les combats reflètent ce que la société globalisante a fait de l’homme : un être à écraser son semblable. Hichem Belhaj, l’un des cinq interprète, incarne l’honneur que chaque homme devrait encore avoir pour ne pas tomber dans la folie meurtrière. Il crève littéralement le plateau de par sa présence et répand sa danse généreusement.

Et enfin, l’écriture chorégraphique d’Anne Lopez a gagné en maturité. Tant soit peu « déjantée », c’est la marque de fabrique de la compagnie des « Gens du quai », son écriture n’en est pas moins intelligente, voire savante. Elle imbrique les tableaux les uns aux autres, les lie sans jamais se perdre et nous perdre. L’optimisme, qui naît à chacune de ses créations, se lit ici sur le corps des danseurs quittant la scène en tirant leur propre ficelle comme si eux-mêmes étaient leur marionnettiste et de nous dire : battez-vous pour votre honneur et soyez vos seuls maîtres. Une belle morale à mettre en exergue.

"Duel" fait mouche car il touche juste !
« Duel » a été joué les 17 et 18 novembre au Théâtre de l’Odéon – Nîmes.
Laurent Bourbousson - www.festivalier.net

 

LA MENACE

 

DUEL

Dimanche 15 novembre 2009
Anne Lopez, une chorégraphe qui nous veut du bien.

Depuis 2005, Le Tadorne aime suivre certains artistes qui l’ont aidé à explorer des voies sinueuses, complexes, mais toujours respectueuses. Citons Michel Kelemenis, Christian Ubl, Gilles Jobin, Philippe Lafeuille, « La Vouivre », Robin Decourcy, Mathilde Monnier, Bouchra Ouizgen, Nacera Belaza, Christophe Haleb, Rita Cioffi, Maguy Marin…C’est une relation de confiance que nous avons avec ces artistes même si nos chemins (peu linéaires) divergent parfois. Pour la plupart, ce sont des chorégraphes comme si leur cheminement était bien plus visible que les gens de théâtre ! Il en est ainsi avec Anne Lopez où ces dernières propositions "Idiots mais rusés" et "La Menace", ont été chroniquées sur le blog. À l'aube de son nouvel opus, "Duel", Laurent Bourbousson (contributeur pour le Tadorne) a pris rendez-vous pour une rencontre au Centre Chorégraphique National de Montpellier où elle s'installe avec ses "Gens du Quai" (nom de sa compagnie) pour l'ultime étape de création. Compte-rendu.

12h30. Studio Bagouet. Anne Lopez, derrière la régie en salle, observe, scrute les cinq danseurs sur le plateau. Elle m’accueille chaleureusement. Elle vient de modifier deux tableaux. Tout est à refaire. Tous cherchent de nouvelles pistes. Délicat et douloureux moment de création. Si fragile, si précaire qu'il faut être vigilant pour ne pas tomber dans la facilité. Je reconnais François Lopez, Jean Philippe Derail, Hichem Belhaj, et je fais la connaissance de Gaspard Guilbert puis de Florent Hamon.
Autant briser la glace tout de suite. Je lui parle de l'accueil retissant que nous lui avons réservé pour "La Menace". Le côté "private joke" nous avait laissés perplexes sur la proposition en tant que telle. Nous échangeons autour de ce ressenti. Le dialogue s'installe, tout naturellement.
Puis, je l'interroge sur ses projets. Qu'en est-il de "Duel", y aura-t-il pléthore d'accessoires,  l'utilisation de la vidéo comme lors de ces précédentes créations? La réponse tombe nette : « non ! ». Pour Anne Lopez, "Duel" marque le retour au corps autour d’un questionnement sur sa capacité à le questionner, à le redécouvrir, à le laisser seul en scène et l'exploiter. Un défi.
Nous échangeons sur la fragilité de créer en danse, sur les problèmes de diffusion hors région d'appartenance, sur la ténacité à être chorégraphe, sur la transmission du savoir.
Jean-Philippe Derail nous rejoint,  dont le parcours entre théâtre, danse et cinéma, ouvre l’échange sur la faisabilité des projets en période de restriction budgétaire. La création est aujourd’hui un combat quotidien pour survivre en milieu hostile.
 
14h30 : Les corps s'échauffent, la réflexion reprend. Chercher des accords, retrouver la juste dramaturgie. Anne Lopez permet l’espace à ses danseurs. Ils essaient, tâtonnent, échangent. Elle donne des indications, des intentions. Sans brusquer, le regard contenant, elle opère comme une technicienne en ingénierie mécanique. Tout est scrupuleusement noté. Le moindre geste est écrit. Elle demande de refaire, de trouver le ton juste.
Le tableau dit "Des poutres" est ingénieux. Mêlant la danse au cinéma, les images collectives cinématographiques défilent devant nos yeux et appellent l'imaginaire. Celui du "Catch" montre la fragilité qu'imposent les figures voulues. C'est superbe à l'oeil, mais cela fait mal au corps. 
Je suis dans un laboratoire où l’on recherche le geste juste. C’est particulièremet beau et touchant. Les mouvements peut assurés en début de recherche trouvent leur forme au bout d'une heure, deviennent plus fluides, s'inscrivant mieux dans la lecture du propos.
Je quitte le studio à regret laissant cette horde de mecs à leur combat. C'est promis, la prochaine création parlera de celui des femmes qui doivent être à la fois maman, working girl, l'amie, la confidente... Tout aussi cruel !
Laurent Bourbousson - Le Tadorne - www.festivalier.net

articleLaGazettedeNimes 28nov2009

 

LA MENACE

En 2009, le festival « Uzès Danse » est amputé d'un week-end. Les restrictions budgétaires commencent donc à produire leurs effets. Après la crise de l'intermittence de 2003, les années 2009-2010 s'annoncent chaotiques et peut-être stimulantes : redistribution des cartes entre institutions culturelles ; émergence de nouveaux collectifs artistiques ; organisations en réseau ; nouvelles articulations entre social, éducation, économie et culture. En attendant, le contexte semble lourd, étouffant. La compagnie d'Anne Lopez ressentirait-elle le danger ? Plus pessimiste qu' « Idiots mais rusés », son dernier opus, « La menace », offre une vision radicale de notre société, celle où le temps médiatique véhicule une hystérie émotionnelle collective pour au bout du compte produire un capharnaüm monumental.
Il y a très peu de répit au cours de cette représentation, retransmise en direct sur internet (www.menace-tv.com). Du bruit, des éclats de voix, des corps écartelés, des têtes privées de visages, un studio télé tout puissant où finalement tout se joue, une presse papier où les pages finissent par s'étendre comme du linge sur une corde. Avec Anne Lopez et sa bande de copains, on ne saisit plus les limites d'un cadre qui ne cesse d'exploser, dans lequel se retrouvent pêle-mêle un imbroglio délirant de situations explosives et de private joke. Alors, comment se parler, s'émouvoir, penser tandis que le temps médiatique fait fit du temps de l'humain ?
Ici, la menace, résultat d'une société d'images, est polymorphe, jusqu'à produire une peur constante. D'habitude anxiogène, Anne Lopez nous en libère par le rire, en multipliant les situations absurdes. Mais elles finissent par menacer le fond qui perd en consistance et produit une proposition joyeuse, mais avec une morale en demiteinte. Prise au piège d'un propos vertical descendant, elle nous renvoie à notre condition, celle de survivre dans un milieu hostile. En mai dernier, au KunstenFestivalDesArts de Bruxelles, le collectif franco-flamand Tristero/Transquinquennal, nous proposait "Coalition". Une heure pour comprendre le processus de la catastrophe à partir des écrits de l'urbaniste et essayiste Paul Virilio. De la menace à la catastrophe, il y a ce changement d'échelle qui aurait permis à Anne Lopez d'ouvrir son propos et de protéger sa belle compagnie d'une mise en scène qu'elle a finit par rendre menaçante. En totale résonance, « Uzès Danse » et Anne Lopez, nous ont fait flipper. On finit par s'attacher à ce festival si humain.

Pascal Bély - Laurent Bourbousson
"La menace" d'Anne Lopez par la compagnie "'les gens du quai" a été présenté le 14 juin 2009 dans le cadre du festival "Uzès Danse".
www.festivalier.net
Le Tadorne
- 18 juin 2009


 

LE GRAND DIRECT

article de l'herault du jour du 30 juin 2009

Anne Leray, l'Hérault du Jour 30 juin 2009




LE GRAND DIRECT

Toujours en mouvement, la compagnie Les gens du quai aurait pu choisir de présenter dans son antre "La menace", la pièce créée le 14 juin 2009 à Uzès Danse. Au lieu de cela, mouvement, trois soirées de performances à tout casser.
La compagnie Les gens du quai réitère ses "Insomnies" qui, pendant Montpellier Danse, ajoutent aux représentations la convivialité d'une cour où échanger, et festoyer s'il le faut, contiguë au studio de travail et lieu de diffusion, chez Anne et François Lopez. Insomnies" 2009 présentera un produit dérivé de "La menace", baptisé "Le grand direct" et que l'on définira comme un talk show en public, quelque part entre "Le grand journal" de Denisot et "Ce soir ou jamais" de Taddéï : un carrefour de formes, rubriques et invités, avec les aléas du direct, la pulsation du corps en plus. Un concept impulsé depuis un an avec la création du site internet Menace-TV (http://www.menace-tv.com) sur lequel, outre les contenus, sont diffusées en direct les représentations de "La menace", une caméra sur scène faisant partie du dispositif. Une web-TV détournée, montée en parallèle à la création de la pièce, qui est à la fois sa vitrine et un objet artistique autonome.
C'est donc sur Menace-TV que "Le grand direct" sera diffusé les 25, 26 et 27 juin à partir de 21h30 (et pendant deux heures environ), émission écrite pour partie, improvisée pour beaucoup (chacune sera différente des deux autres), reflet de l'esprit qui anime la compagnie Les gens du quai : par-delà la recherche et la conceptualisation, s'assurer que le public, qu'il ait compris ou pas, prenne une claque. On ne doute pas d'en prendre une lors de ces trois soirées où la danse interfèrera avec les débats, les vidéos avec la musique live, la réalité avec la fiction. Du foutoir bien foutu avec des surprises et du rock'n'roll, quelque chose de Kubrick et de la techno party, assuré par le quintette du quai (Anne Lopez, François Lopez, Jean-Philippe Derail, Hichem Belhaj, Ghyslaine Gau) et des invités de tous poils.
Des performances brutes avec la danse pour fil rouge, du direct live sur le mode du défi et de la dérision, un shoot de création en liberté, de quoi appréhender revigorés les menaces dont on nous martèle l'imminence et, pourquoi pas, en constituer une.

Interlock


FACE A VOUS

Au festival d'Uzès, les chorégraphes se déchaînent

"72 heures chrono" : le titre de la dixième édition du festival Uzès Danse sonne comme un cri de guerre. Marathoniens du spectacle vivant, à l'attaque. Du muscle, car le programme n'en manque pas. Est-ce de n'avoir pu présenter, faute de soutien financier, le plateau dont ils rêvaient (rien que des femmes nommées Pina Bausch, Trisha Brown, Carolyn Carlson...) que les directeurs Didier Michel et Marie Caër ont sélectionné des artistes peu connus remontés à bloc ? Le résultat en tout cas se révèle stimulant. Dans son concert dansé rock Face à vous, Anne Lopez se jette à l'assaut d'une musique qui peut vous enterrer en deux riffs de guitare. Sur le plateau, trois musiciens (un guitariste et chanteur, un bassiste et un batteur) du groupe Suprematic poussent les manettes à fond. Il faut résister. Plus encore, tailler à la hache une ligne supplémentaire à la partition. Anne Lopez n'hésite pas : elle se déchaîne, passe les bornes, se moque de l'esthétisme. Son exténuation prend un goût mélangé de victoire et de défaite. Sa détermination à refuser que son solo ressemble à un énième cliché rock sympathique signe sa singularité. Face à vous offre le geste d'une femme à vif qui a au moins le mérite de ne pas se satisfaire de ce qu'elle fait.

Rosita Boisseau, Le Monde 18 juin 2005


IDIOTS MAIS RUSÉS

2001 ou la folle odyssée d'Anne Lopez.
Dans un décor froid, digne d'un film de science-fiction (sol et murs blancs, tubes en acier représentant la carcasse d'un vaisseau spatial), je suis hypnotisé par un cercle projeté sur le mur.
Anne Lopez signe ici sa neuvième création et sait y faire, puisqu'elle nous entraîne, et ce bien avant le début de cette odyssée, dans son univers.
Avec "Idiots mais rusés", titre certes énigmatique, les quatre "géonautes" (sorte d'astronautes de l'existence, le préfixe geo signifiant terre), embarqués à bord de ce laboratoire-vaisseau, vont, durant une heure, nous donner à voir nos comportements. Il est question de disséquer l'humain, ses stimuli, ses angoisses, ses joies, ses codes... Tout passe à la moulinette Lopez pour notre plus grand bonheur car il y a de la jubilation dans cette mise en espace. Bien qu'il s'agisse d'un spectacle classé dans la boîte danse, il serait assez réducteur de le catégoriser ainsi.
En trois tableaux, Anne Lopez fait émerger le rire et même, lâchons-nous, des fous rires grâce à l'interprétation de ses cobayes (au passage, mention très spéciale pour Ghyslaine Gau). En effet, ils devront répondre aux consignes édictées par une voix (celle d'un éminent Professeur de laboratoire, sans doute) sortie d'un petit haut parleur.
Tout commence avec l’apprentissage de l’apesanteur par le corps (les mouvements saccadés, l’énervement sont le témoignage de la naissance), puis la découverte de la douleur (la scarification à l’honneur, des références à des films de série Z). Une fois grandis, nous passons à ces fameuses consignes de tout ordre (faîtes une danse intelligente, vomissez vos cerveaux - y aurait-il du TF1 là-dessous ?- , soyez énergiques des coudes…). Mais trop de contraintes empêchent les « géonautes » d’accomplir leurs travaux. Ne reste plus qu’ une seule solution : le massacre de cet ordonnateur d’ordres imagé par une blouse blanche.
On s’amuse et on rit, mais ce n’est pas le pays de Candy, juste une réalité brutale et abrupte qui souligne combien la violence peut amuser. C’en est effrayant.
Le dernier tableau, une pure merveille, croque avec bonheur notre société de communication. Reliés par des fils, issus des systèmes les plus sophistiqués (tout nous dépasse !), nos quatre rats de laboratoire illustrent le problème du manque de compréhension ainsi que la sérialisation des cerveaux (magnifique interprétation de séries américaines). Ils réussiront à s’extraire à temps de ce vaisseau avant son explosion (un futur big bang ?).
Ils sont certes idiots, mais on nous avait dit qu’ils étaient rusés …

"Idiots mais rusés" a été vu à L’Odéon (Nîmes) et sera repris au Chai Du Terral – Saint Jean de Védas le Mardi 4 mars 2008 à 20h30.

Laurent Bourbousson, Mardi 12 février 2008
(http://www.festivalier.net/article-16571458.html)
www.festivalier.net
Le Tadorne


IDIOTS MAIS RUSÉS

Gens du Quai au 3bisf : "idiots mais rusés"
« La scène se passe dans un laboratoire improbable, un tunnel blanc anonyme à la froideur clinique. Seul un hublot ouvre dans le fond une perspective sur un paysage agresque. Les quatre protagonistes sont soumis aux expériences d'un Docteur Folamour futuriste : c'est de la psychologie anglo-saxonne, celle qui étudie les humains comme des rats de laboratoire.
Une voix d'ordinateur métallique et vaguement féminine leur donne des consignes à exécuter "Ne faites que mourir", "Enervez-vous", "Plus vite", ou un peu plus élaboré, "Faites la danse d'Angelin Prejlocaj", et ils le font.
Brain storming
Ils débordent d'inventivité mais ils sont idiots. Comme ils sont aussi rusés, ils tentent de répondre intelligemment - en apparence - à des consignes absurdes. Peu importe la cohérence, c'est l'illusion qui compte. Faire semblant, c'est encore faire. Tout l'art consiste à donner le change : paraître très affairés, un travail d'experts. On se croirait à l’INSERM ou dans une série télévisée, Star Trek, Urgences, et Re-génésis réunis. Comme ça n'a pas de cesse ni de sens, ils se révolteront, matérialiseront leur tourmente par un tablier de laboratoire, pour le lapider.
Agitation
C'est une pièce surexcitée où manifestement, les danseurs s'amusent comme des fous. Le public rie aussi, sauf les enfants, sidérés. Voir des adultes jouer comme eux avec autant de sérieux, il y a quelque chose qui ne colle pas. On se laisse aller au plaisir d'une parodie débridée qui louche du côté des Marx Brothers, par ces temps de morosité, un peu d'humour, c'est toujours ça qu'on ne nous prendra pas. »
Jean Barak
La Marseillaise du 23 mai 2007


IDIOTS MAIS RUSÉS


" Ces Idiots Mais Rusés sortent d'un laboratoire scientifique, moderne et surréaliste où s'expérimentent toutes sortes de contraintes (physiques, mentales, spatiales et psychoaffectives). "Géonautes" d'aujourd'hui, spécialistes des problèmes insolubles, les quatre interprètes tentent de mesurer la quadrature du cercle et relèvent sans siller le défi des missions impossibles. Un pied de nez à tout ce qui relève de l'innommable dans le monde actuel ! "
Mouvement, avril-juin 2007



IDIOTS MAIS RUSÉS

Pas si idiote et plutôt rusée !
« Ce week-end, la compagnie Les Gens du Quai va présenter à Aix Idiots Mais Rusés, sa dernière création. Une pièce que son auteur, Anne Lopez, a conçue comme une « rencontre entre théâtre burlesque et danse contemporaine ». Le thème : quatre personnes, les « idiots » du titre, qui n’ont rien de scientifiques, sont enfermées dans un laboratoire afin d’empêcher la fin du monde. L’humour est une composante de cette création ; la danse également. Très « physique », Idiots Mais Rusés est un « crescendo théâtral », qui passe progressivement du calme au chaos. Concevoir une scénographie sortant des sentiers battus, fondre sa pièce dans un univers musical cinématographique sans obéir aux règles de la narration littérale… Anne Lopez n’a pas cherché à créer un spectacle traditionnel. Elle a, au contraire, voulu mêler expérimental et grand public de manière à proposer un divertissement « alternatif ».
A. D-P.
La Provence vendredi 18 mai 2007


IDIOTS MAIS RUSÉS

"Pas de faux semblant, et sans concession avec une esthétique pour esthète. Les gens du quai nous livrent, dans Idiots mais rusés, un flot d'émotion à la fois pur et brutal. Et pourtant nous rions, nous rions aux éclats, effet probable d'une alchimie réussie. La pièce nous renvoie à nos actes les plus absurdes, sublimés dans un paroxysme délirant. Les danseurs sont perpétuellement confrontés à des difficultés absurdement réelles et irréelles. De son côté, le spectateur amusé s'interroge continuellement sur l'impossible solution qu'ils oseront mettre en œuvre. La danse atteint là un accomplissement, elle est juge et partie des démêlés grotesques qui nous sont donnés à voir. On se reconnaît tellement dans l'agitation, l'hyperactivité des danseurs, qu'il est difficile de rester de marbre. Pourtant ce sont bien de certaines de nos incohérences dont il est question et dont nous rions de bon cœur. C'est le rire de défense incontrôlé de celui ou celle qui assiste à la chute grotesque de quelqu'un, et qui refuse la compassion pour ne pas faire surgir des souvenirs humiliants. Prouesse du délire structuré, cette pièce flirte aisément avec la théâtralité, l'exubérance, la sensibilité. Dans un corps à corps incessant entre les danseurs, le décor, la musique et les exigences scénographiques. Véritable bras de fer entre le sensé et l'absurde."
Isabelle Coutaud , Sète 16 mars 2007


>> LIRE TOUTE LA REVUE DE PRESSE D'IDIOTS MAIS RUSÉS LORS DU PASSAGE AU THEATRE DE NIMES en février 2008 (document .pdf)


LITANIES

(...) La danse noue des relations littéraires, les gens du quai crée Litanies inspiré de l'oeuvre de Philippe Cazal
Le spectacle s’oppose aux formes les plus stéréotypées du divertissement contemporain. Il demande aux spectateurs de se risquer à sortir des sentiers battus, mais l’ouverture au renouvellement est à ce prix (...)
Lise Ott , Midi Libre 10 mai 2002

Gerard Mayen, Montpellier Danse Off juillet 2002


 

RÉVOLTES

La compagnie “les gens du quai” a donné un coup de poing dans la programmation de la danse de la Biennale de Sarajevo
On ne doutait déjà pas que Révoltes ait été la pièce essentielle dans le paysage des jeunes compagnies de danse indépendantes montpelliéraines la saison dernière.
Autre chose était de la voir confrontée aux conditions très difficiles que lui réservait Sarajevo, à l’occasion de sa programmation pour la Biennale des jeunes créateurs de la Méditerranée.
Dans cette pièce, l’acte insurrectionnel des Gens du quai consiste à disputer le terrain de la danse avec les spectateurs mêmes. Déstabilisés, ceux-ci sont, tour à tour, happés ou rejetés au contact brusque et direct de la chorégraphie, libres de s’y frotter ou pas. On y ressent des tensions extraordinaires.
C’est à même le béton, sur lequel ils se fracassent sans barguigner, que les cinq danseurs ont évolué vendredi 20 juillet, sur l’ingrat parvis du centre commercial post-stalinien de la place Skenderija. Livré à l’air libre de toutes les incertitudes, le dispositif spatial de ces Révoltes, fort réglé en fait, s’est confié à la houle urbaine, pour exploser en salves d’acclamation.
Gérard Mayen, La Marseillaise
29 juillet 2001

(...) Parfois les spectacles sont plus importants que leur réussite elle-même. Ils marquent l'arrivée de quelque chose. En l'occurence d'un "groupe", au sens du groupe de rock, mais qui ici assemble une chorégraphe, un musicien, une plasticienne. Les trois arts qui bougent le plus en ce début de millénaire sont réunis dans "les gens du quai". Et se dévoilent dans un spectacle nommé "révoltes" où le spectateur déambule, confronté à une musique, un espace, des lumières et des danseurs, qui tous sont autonomes et qui ensemble font sens. Un spectacle qui peut satisfaire les amateurs des Chemical Brothers, les fous de danse, les tenants de l'art contemporain, les fondus de science-fiction (...).
Jean-Marc Douillard, L'Hérault du jour
30 nov. 2000

Gérard Mayen, Midi Libre
1er décembre 2000

Entretien avec Céline Mélissent, Jean-Marc Douillard, L'Hérault du jour
30 novembre 2000


Olivier Pernaud, Midi Spectacles
29 novembre 2000

Michel Vincenot, programme Festival Plurielles, Pau . février 2001

LIRE LA REVUE DE PRESSE RÉVOLTES



L’INVITÉ

« Un téléviseur, dos au public, capte tout d’abord l’attention des danseuses. Puis grâce à un système de vidéo-projection surgit soudain la spectaculaire illusion que l’écran à englouti la scène. La part narrative étant ainsi campée, la danse n’a plus qu’à se préoccuper d’elle-même et se vouer à sa formidable exploration : celle du rapport à l’autre, en pleine mutation dans un monde dominé par l’image. Thème ô combien galvaudé, mais par lequel s’affirment ici les contours d’un langage inédit... »

« (...) Bodies literally re-compose themselves, seeking new functions, inventing odd and irregular curves, losing themselves in fortuitous equilibriums. Movements and evolutions draw spontaneous tracings. The metamorphosis shows itself through a mechanics of which codes have been upset, where violence, wariness, recognition and taming stand for the differents stages of an unrestrained game.
This piece offers us an unexpected dance, physical in the extreme, both sensitive and rough, impulsive and erudite (...) »
Delphine Huetz, Libération, 5 mai 99

Francis Cossu, La Marseillaise, 8 mai 99

Noël Ravaud, Spore, juin 99

Michel Vincenot, 28 octobre 99, Pau

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