revue de presse


FACE A VOUS

Au festival d'Uzès, les chorégraphes se déchaînent

"72 heures chrono" : le titre de la dixième édition du festival Uzès Danse sonne comme un cri de guerre. Marathoniens du spectacle vivant, à l'attaque. Du muscle, car le programme n'en manque pas. Est-ce de n'avoir pu présenter, faute de soutien financier, le plateau dont ils rêvaient (rien que des femmes nommées Pina Bausch, Trisha Brown, Carolyn Carlson...) que les directeurs Didier Michel et Marie Caër ont sélectionné des artistes peu connus remontés à bloc ? Le résultat en tout cas se révèle stimulant. Dans son concert dansé rock Face à vous, Anne Lopez se jette à l'assaut d'une musique qui peut vous enterrer en deux riffs de guitare. Sur le plateau, trois musiciens (un guitariste et chanteur, un bassiste et un batteur) du groupe Suprematic poussent les manettes à fond. Il faut résister. Plus encore, tailler à la hache une ligne supplémentaire à la partition. Anne Lopez n'hésite pas : elle se déchaîne, passe les bornes, se moque de l'esthétisme. Son exténuation prend un goût mélangé de victoire et de défaite. Sa détermination à refuser que son solo ressemble à un énième cliché rock sympathique signe sa singularité. Face à vous offre le geste d'une femme à vif qui a au moins le mérite de ne pas se satisfaire de ce qu'elle fait.

Rosita Boisseau, Le Monde 18 juin 2005


IDIOTS MAIS RUSÉS

2001 ou la folle odyssée d'Anne Lopez.
Dans un décor froid, digne d'un film de science-fiction (sol et murs blancs, tubes en acier représentant la carcasse d'un vaisseau spatial), je suis hypnotisé par un cercle projeté sur le mur.
Anne Lopez signe ici sa neuvième création et sait y faire, puisqu'elle nous entraîne, et ce bien avant le début de cette odyssée, dans son univers.
Avec "Idiots mais rusés", titre certes énigmatique, les quatre "géonautes" (sorte d'astronautes de l'existence, le préfixe geo signifiant terre), embarqués à bord de ce laboratoire-vaisseau, vont, durant une heure, nous donner à voir nos comportements. Il est question de disséquer l'humain, ses stimuli, ses angoisses, ses joies, ses codes... Tout passe à la moulinette Lopez pour notre plus grand bonheur car il y a de la jubilation dans cette mise en espace. Bien qu'il s'agisse d'un spectacle classé dans la boîte danse, il serait assez réducteur de le catégoriser ainsi.
En trois tableaux, Anne Lopez fait émerger le rire et même, lâchons-nous, des fous rires grâce à l'interprétation de ses cobayes (au passage, mention très spéciale pour Ghyslaine Gau). En effet, ils devront répondre aux consignes édictées par une voix (celle d'un éminent Professeur de laboratoire, sans doute) sortie d'un petit haut parleur.
Tout commence avec l’apprentissage de l’apesanteur par le corps (les mouvements saccadés, l’énervement sont le témoignage de la naissance), puis la découverte de la douleur (la scarification à l’honneur, des références à des films de série Z). Une fois grandis, nous passons à ces fameuses consignes de tout ordre (faîtes une danse intelligente, vomissez vos cerveaux - y aurait-il du TF1 là-dessous ?- , soyez énergiques des coudes…). Mais trop de contraintes empêchent les « géonautes » d’accomplir leurs travaux. Ne reste plus qu’ une seule solution : le massacre de cet ordonnateur d’ordres imagé par une blouse blanche.
On s’amuse et on rit, mais ce n’est pas le pays de Candy, juste une réalité brutale et abrupte qui souligne combien la violence peut amuser. C’en est effrayant.
Le dernier tableau, une pure merveille, croque avec bonheur notre société de communication. Reliés par des fils, issus des systèmes les plus sophistiqués (tout nous dépasse !), nos quatre rats de laboratoire illustrent le problème du manque de compréhension ainsi que la sérialisation des cerveaux (magnifique interprétation de séries américaines). Ils réussiront à s’extraire à temps de ce vaisseau avant son explosion (un futur big bang ?).
Ils sont certes idiots, mais on nous avait dit qu’ils étaient rusés …

"Idiots mais rusés" a été vu à L’Odéon (Nîmes) et sera repris au Chai Du Terral – Saint Jean de Védas le Mardi 4 mars 2008 à 20h30.

Laurent Bourbousson, Mardi 12 février 2008
(http://www.festivalier.net/article-16571458.html)
www.festivalier.net
Tadorne, le blog qui nous sort de la toile...


IDIOTS MAIS RUSÉS

Gens du Quai au 3bisf : "idiots mais rusés"
« La scène se passe dans un laboratoire improbable, un tunnel blanc anonyme à la froideur clinique. Seul un hublot ouvre dans le fond une perspective sur un paysage agresque. Les quatre protagonistes sont soumis aux expériences d'un Docteur Folamour futuriste : c'est de la psychologie anglo-saxonne, celle qui étudie les humains comme des rats de laboratoire.
Une voix d'ordinateur métallique et vaguement féminine leur donne des consignes à exécuter "Ne faites que mourir", "Enervez-vous", "Plus vite", ou un peu plus élaboré, "Faites la danse d'Angelin Prejlocaj", et ils le font.
Brain storming
Ils débordent d'inventivité mais ils sont idiots. Comme ils sont aussi rusés, ils tentent de répondre intelligemment - en apparence - à des consignes absurdes. Peu importe la cohérence, c'est l'illusion qui compte. Faire semblant, c'est encore faire. Tout l'art consiste à donner le change : paraître très affairés, un travail d'experts. On se croirait à l’INSERM ou dans une série télévisée, Star Trek, Urgences, et Re-génésis réunis. Comme ça n'a pas de cesse ni de sens, ils se révolteront, matérialiseront leur tourmente par un tablier de laboratoire, pour le lapider.
Agitation
C'est une pièce surexcitée où manifestement, les danseurs s'amusent comme des fous. Le public rie aussi, sauf les enfants, sidérés. Voir des adultes jouer comme eux avec autant de sérieux, il y a quelque chose qui ne colle pas. On se laisse aller au plaisir d'une parodie débridée qui louche du côté des Marx Brothers, par ces temps de morosité, un peu d'humour, c'est toujours ça qu'on ne nous prendra pas. »
Jean Barak
La Marseillaise du 23 mai 2007


IDIOTS MAIS RUSÉS


" Ces Idiots Mais Rusés sortent d'un laboratoire scientifique, moderne et surréaliste où s'expérimentent toutes sortes de contraintes (physiques, mentales, spatiales et psychoaffectives). "Géonautes" d'aujourd'hui, spécialistes des problèmes insolubles, les quatre interprètes tentent de mesurer la quadrature du cercle et relèvent sans siller le défi des missions impossibles. Un pied de nez à tout ce qui relève de l'innommable dans le monde actuel ! "
Mouvement, avril-juin 2007



IDIOTS MAIS RUSÉS

Pas si idiote et plutôt rusée !
« Ce week-end, la compagnie Les Gens du Quai va présenter à Aix Idiots Mais Rusés, sa dernière création. Une pièce que son auteur, Anne Lopez, a conçue comme une « rencontre entre théâtre burlesque et danse contemporaine ». Le thème : quatre personnes, les « idiots » du titre, qui n’ont rien de scientifiques, sont enfermées dans un laboratoire afin d’empêcher la fin du monde. L’humour est une composante de cette création ; la danse également. Très « physique », Idiots Mais Rusés est un « crescendo théâtral », qui passe progressivement du calme au chaos. Concevoir une scénographie sortant des sentiers battus, fondre sa pièce dans un univers musical cinématographique sans obéir aux règles de la narration littérale… Anne Lopez n’a pas cherché à créer un spectacle traditionnel. Elle a, au contraire, voulu mêler expérimental et grand public de manière à proposer un divertissement « alternatif ».
A. D-P.
La Provence vendredi 18 mai 2007


IDIOTS MAIS RUSÉS

"Pas de faux semblant, et sans concession avec une esthétique pour esthète. Les gens du quai nous livrent, dans Idiots mais rusés, un flot d'émotion à la fois pur et brutal. Et pourtant nous rions, nous rions aux éclats, effet probable d'une alchimie réussie. La pièce nous renvoie à nos actes les plus absurdes, sublimés dans un paroxysme délirant. Les danseurs sont perpétuellement confrontés à des difficultés absurdement réelles et irréelles. De son côté, le spectateur amusé s'interroge continuellement sur l'impossible solution qu'ils oseront mettre en œuvre. La danse atteint là un accomplissement, elle est juge et partie des démêlés grotesques qui nous sont donnés à voir. On se reconnaît tellement dans l'agitation, l'hyperactivité des danseurs, qu'il est difficile de rester de marbre. Pourtant ce sont bien de certaines de nos incohérences dont il est question et dont nous rions de bon cœur. C'est le rire de défense incontrôlé de celui ou celle qui assiste à la chute grotesque de quelqu'un, et qui refuse la compassion pour ne pas faire surgir des souvenirs humiliants. Prouesse du délire structuré, cette pièce flirte aisément avec la théâtralité, l'exubérance, la sensibilité. Dans un corps à corps incessant entre les danseurs, le décor, la musique et les exigences scénographiques. Véritable bras de fer entre le sensé et l'absurde."
Isabelle Coutaud , Sète 16 mars 2007


>> LIRE TOUTE LA REVUE DE PRESSE D'IDIOTS MAIS RUSÉS LORS DU PASSAGE AU THEATRE DE NIMES en février 2008 (document .pdf)


LITANIES

(...) La danse noue des relations littéraires, les gens du quai crée Litanies inspiré de l'oeuvre de Philippe Cazal
Le spectacle s’oppose aux formes les plus stéréotypées du divertissement contemporain. Il demande aux spectateurs de se risquer à sortir des sentiers battus, mais l’ouverture au renouvellement est à ce prix (...)
Lise Ott , Midi Libre 10 mai 2002

Gerard Mayen, Montpellier Danse Off juillet 2002


 

RÉVOLTES

La compagnie “les gens du quai” a donné un coup de poing dans la programmation de la danse de la Biennale de Sarajevo
On ne doutait déjà pas que Révoltes ait été la pièce essentielle dans le paysage des jeunes compagnies de danse indépendantes montpelliéraines la saison dernière.
Autre chose était de la voir confrontée aux conditions très difficiles que lui réservait Sarajevo, à l’occasion de sa programmation pour la Biennale des jeunes créateurs de la Méditerranée.
Dans cette pièce, l’acte insurrectionnel des Gens du quai consiste à disputer le terrain de la danse avec les spectateurs mêmes. Déstabilisés, ceux-ci sont, tour à tour, happés ou rejetés au contact brusque et direct de la chorégraphie, libres de s’y frotter ou pas. On y ressent des tensions extraordinaires.
C’est à même le béton, sur lequel ils se fracassent sans barguigner, que les cinq danseurs ont évolué vendredi 20 juillet, sur l’ingrat parvis du centre commercial post-stalinien de la place Skenderija. Livré à l’air libre de toutes les incertitudes, le dispositif spatial de ces Révoltes, fort réglé en fait, s’est confié à la houle urbaine, pour exploser en salves d’acclamation.
Gérard Mayen, La Marseillaise
29 juillet 2001

(...) Parfois les spectacles sont plus importants que leur réussite elle-même. Ils marquent l'arrivée de quelque chose. En l'occurence d'un "groupe", au sens du groupe de rock, mais qui ici assemble une chorégraphe, un musicien, une plasticienne. Les trois arts qui bougent le plus en ce début de millénaire sont réunis dans "les gens du quai". Et se dévoilent dans un spectacle nommé "révoltes" où le spectateur déambule, confronté à une musique, un espace, des lumières et des danseurs, qui tous sont autonomes et qui ensemble font sens. Un spectacle qui peut satisfaire les amateurs des Chemical Brothers, les fous de danse, les tenants de l'art contemporain, les fondus de science-fiction (...).
Jean-Marc Douillard, L'Hérault du jour
30 nov. 2000

Gérard Mayen, Midi Libre
1er décembre 2000

Entretien avec Céline Mélissent, Jean-Marc Douillard, L'Hérault du jour
30 novembre 2000


Olivier Pernaud, Midi Spectacles
29 novembre 2000

Michel Vincenot, programme Festival Plurielles, Pau . février 2001

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L’INVITÉ

« Un téléviseur, dos au public, capte tout d’abord l’attention des danseuses. Puis grâce à un système de vidéo-projection surgit soudain la spectaculaire illusion que l’écran à englouti la scène. La part narrative étant ainsi campée, la danse n’a plus qu’à se préoccuper d’elle-même et se vouer à sa formidable exploration : celle du rapport à l’autre, en pleine mutation dans un monde dominé par l’image. Thème ô combien galvaudé, mais par lequel s’affirment ici les contours d’un langage inédit... »

« (...) Bodies literally re-compose themselves, seeking new functions, inventing odd and irregular curves, losing themselves in fortuitous equilibriums. Movements and evolutions draw spontaneous tracings. The metamorphosis shows itself through a mechanics of which codes have been upset, where violence, wariness, recognition and taming stand for the differents stages of an unrestrained game.
This piece offers us an unexpected dance, physical in the extreme, both sensitive and rough, impulsive and erudite (...) »
Delphine Huetz, Libération, 5 mai 99

Francis Cossu, La Marseillaise, 8 mai 99

Noël Ravaud, Spore, juin 99

Michel Vincenot, 28 octobre 99, Pau

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