Ce film programmé pour la fin de l'année 2000 est laboutissement dune recherche dans le cadre dun atelier de danse et musique pour personnes autistes au sein de la Maison des Expressions à l'Hôpital de la Colombière à Montpellier.
Cet atelier animé par Anne Lopez (chorégraphe) et Gilles Dalbis (musicien) rassemble un groupe de 8 personnes autistes ainsi que des danseurs, des stagiaires en psychologie et des soignants.
Pouvoir rendre lisible, visible et accessible au plus large public tout ce qui advient lors de ce travail. Produire une image qui restitue ce quon éprouve dans le temps de latelier, lémotion, laction, le souffle de
lévènement.
Le propos de ce film est de rendre limage aux personnes qui se sont révélées acteurs, simposant tantôt comme premier rôle tantôt comme partenaires.
La démarche cinématographique sapparente à celle du Cinéma du Réel. Il ne sagit ni dun reportage sur le monde de lautisme, ni dune mise en scène filmée. L'idée a été de partir de ce qui existe, sans directive ni scénario préconçu afin de laisser la possibilité à une histoire de se dessiner.
Le cadre scénographique est sobre et le plus neutre possible. Ce sont les images qui parlent. Le réalisateur est au service de ce quil reçoit et s'est tenu prêt à capter les situations et les expressions, sans rien bouleverser. Aucune prise n'a été refaite, tout s'est joué dans l'instant. Les moyens techniques utilisés
ont été les plus légers possible.
Ce film privilégie la forme plutôt que le récit et limprévu plutôt que le convenu. Il na pas pour intention de produire un savoir sur la relation avec la personne autiste. Notre propos est de faire partager des impressions, des temps forts de la rencontre, sans autre a-priori que le desir de passer un moment ensemble, et de se tenir prêt à se laisser traverser par les émotions, la beauté des gestes et la profondeur des regards.